Présentation du Salon

PRÉFACE

Le Propos de ce Salon n’est finalement pas de parler directement de la danse, mais de montrer comment exprimer le mouvement en art, la danse étant  considérée comme un art en soi, que l’on veut évoquer par d’autres expressions artistiques. Comment reproduire la vie en art ? C’est la grande question que se sont posés les artistes. Le mouvement n’est-il pas la vie, source de beauté, dans la nature se transformant sans cesse au gré de son développement, dans un visage ou un corps saisi dans l’instant?

Déjà, Marcel Duchamp en 1912 propose son Nu descendant un escalier, décomposant le mouvement du sujet dans une sorte de vision prismatique du sujet, ce qui  va choquer à Paris car déformant la réalité telle qu’on la voit pour en faire autre chose. Au même moment, le mouvement italien des Futuristes, empruntant au divisionnisme et au cubisme, cherche à transmettre l’élan vital qui nourrit le monde moderne. Des artistes comme Gino Severini ou Carlo Carrà vont faire interférer formes, rythmes, couleurs et lumières afin d’exprimer une sensation dynamique, une simultanéité des états d’âme et des structures multiples du monde.

Plus près de nous, Alberto Giacometti cherche à traduire les états aigus de conscience qu’il éprouve devant le modèle, dans la rue ou dans une brasserie où « le mouvement n’est plus qu’une suite de points d’immobilités ». Il n’aura de cesse de « creuser » la matière de ses sculptures, comme dans sa peinture, pour atteindre la vie intérieure, une certaine violence de ses sujets ou/et le mouvement, comme dans sa « Femme qui marche » de 1936 ou de son « Homme qui marche » de 1951. Pour lui, l’espace autour de la sculpture, souvent matérialisé par un socle important, est indissociable du sujet et participe à l’œuvre. Dans son travail, l’espace est aussi essentiel que le sujet et donne une dynamique à l’ensemble.

Francis Bacon creuse lui aussi à sa manière ses sujets de représentation, car pour lui la vie est violente dans les sentiments comme dans les actes. Les effets de déformations et de frottements de sa technique révèlent  l’angoisse profonde de ses sujets qu’il enferme dans d’hypothétiques cages ou espaces colorés d’aplats. Cet effet de contraste exalte habilement le mouvement de l’âme et du corps.

Il semblerait donc que le mouvement et l’espace participent activement à l’œuvre d’art, lui conférant ce dynamisme nécessaire à la beauté. Dans un autre registre, la beauté d’un ballet ne tient-il pas compte de l’espace dans lequel il se produit, que ce soit chez Degas dans ses représentations de danseuses ou dans la réalité d’une représentation du Lac des cygnes ou d’un ballet contemporain de Pina Bausch?

Déjà pour Paul Cézanne, le père de l’art moderne, tous les éléments constituants de l’art sont si bien soudés ensemble que « la forme ne s’adresse plus à l’œil seulement, mais que forme et matière, dans leur union et leur identité, ne visent plus qu’à un seul et même effet qui atteint la raison imaginative, cette faculté complexe pour laquelle toute pensée et tout sentiment naissent en même temps que leur analogue ou leur symbole matériel » (Christian Zervos). Pour lui, le monde extérieur n’apparaît pas comme constitué d’objets distincts. « Les objets se répandent insensiblement autour d’eux par d’intimes reflets comme nous par nos regards et par nos paroles ». Aussi, ses toiles ne sont jamais des transcriptions, mais des transpositions du réel, transpositions où paraissent en même temps la nature la plus intime des choses et la tendresse de celui à qui elles ont parlé.

Comme le disait Van Gogh : « il faut savoir mentir pour atteindre la réalité ».

 

Jean-Christophe Paolini

Vice-président de la Société des

Beaux-Arts de Boulogne-Billancourt

 


 

LIEUX DE L’EVENEMENT

Espace Landowski, 28, Avenue André Morizet, 92100 Boulogne Billancourt (voir le plan d’accès)
M° Marcel Sembat , Parking de l’Hotel de Ville